Voyage Vietnam Triptyque 2

Voyage au bout de la rizière -2 -NINH BINH

Après cette fabuleuse première partie de notre odyssée

Notre guide nous proposa la suite du circuit convenu

Sur terre cette fois, et à peine débarqués

Nous filions droit dans la campagne déjà entrevue

 

Thang était né près de Halong terrestre, notre prochaine destination

Il voulait nous faire découvrir le village de sa jeunesse

Mais avant Tam Coc où il avait réservé une petite embarcation

Notre voiture s’était arrêtée dans la jungle enchanteresse

 

Thang nous demanda de le suivre dans un chemin tortueux et obscur

Affirmant qu’à l’arrivée nous aurions une belle sensation

Emprunter ce chemin était déjà une véritable aventure

Manifestement il n’était que rarement pratiqué en excursion

 

Plus haut nous découvrîmes un temple à peine visible

La jungle luxuriante le camouflait profondément

C’était excitant d’imaginer que ce temple presque inaccessible

Assurément n’avait pas été visité depuis longtemps

 

Ce sanctuaire où je posais le pied m’était totalement inconnu

Cependant, j’avais le sentiment étrange d’y avoir demeuré jadis

J’écoutais à peine Thang narrer l’histoire de ce temple survenu

Car j’avais la sensation de la connaître avant qu’il ne surgisse

 

Se dire que dans cet endroit des moines avaient dû se manifester

J’entendais en sourdine dans ma tête leurs prières

Je m’attendais à les voir réapparaître et s’exprimer

D’une façon quelque peu étrange, voire singulière

 

Ils ne vinrent pas et nous répartîmes en direction du village

Thang ne voulut pas nous retarder, et nous l’avons simplement traversé

Tous les villageois semblaient participer aux labourages

Dernière étape avant que les femmes se mettent à repiquer

 

La traversée de Tam Coc fut tout aussi sublime

Que notre navigation récente dans la baie du dragon

C’en était d’ailleurs ici le miroir rarissime

Les mêmes paysages, comme une reproduction

 

L’hôtel était exquis, nous avons invité Thang à notre table

Nous voulions le connaître mieux, en savoir davantage

Son histoire était tellement rude, presque insupportable

Ce repas nous a encore rapproché, et nous avons senti sa rage

 

De n’avoir pas réussi à épauler plus encore ses parents

Il était trop jeune, les moissons souvent insignifiantes

C’était une leçon de vie, il l’avait retenu tout le temps

Abandonnant la campagne, pour la ville attrayante

 

Vers Hanoï où les études étaient réalisables, où la vie semblait facile

Il était devenu professeur, mais espérait à son temps perdu être guide

Parlant parfaitement plusieurs langues, et c’était très utile

Pour préparer intégralement chez lui des circuits qu’il valide

 

En allant sur place, explorer les différents trésors

Pour mieux connaître l’histoire des splendeurs de sa contrée

Tous ces palais, ces temples aux noms évocateurs, que le Vietnam honore

Temple de la littérature, Pagode des parfums, Lac de l’épée restituée

 

Ce soir-là autour de la table, j’en avais appris plus qu’en consultant

Tout ce que j’avais pu lire sur ce pays, son histoire ou ses traditions

Lors de ce repas, nous nous étions sentis complices, et en échangeant

Avec autant de liberté, nous avons éprouvé chacun une grande affection

 

Désormais, Thang n’était plus seulement notre guide, mais notre ami

Nous avions vaincu la petite timidité qui nous séparait depuis notre départ

Cette soirée avait engendré entre nous une véritable alchimie

Demain la visite en barque à travers Tam Coc s’annonçait rare

 

Le lendemain matin très tôt, nous grimpions à bord d’une barque réservée

C ‘était étrange et attrayant, je n’avais jamais rien vu de semblable

Cette façon qu’ont les vietnamiennes de ramer avec leurs pieds

Sans efforts apparents, nous avancions à une allure confortable

 

Notre rameuse s’employait sans compter en chantonnant

Et lors des franchissements des grottes, le son se propageait comme un appel

Nous traversions des paysages splendides, le calme était saisissant

On aurait dit que les dieux avaient tout figé dans ce monde virtuel

 

La balade avait été brumeuse dans une ambiance mystique

Il était prévu le lendemain une randonnée à vélo à travers la campagne

En route donc pour Mai Chau, sillonner des paysages féeriques

Emprunter des chemins presque déserts à travers la montagne

 

S’arrêter chez l’habitant pour y découvrir avec intérêt l’artisanat

Broderies, céramiques et de bien belles fleurs en papier

Puis mettre nos vélos sur un bateau direction le village de Kenh Ga

Ce petit village flottant de pêcheurs, nous partions le visiter

 

 

 

Pour terminer cette journée en vélo par l’ancienne capitale

Nous pédalions vers Hoa-Lu pour y voir pagodes et temples

Cette ancienne ville avait gardé son aspect impérial

Dès la porte passée, de beaux ouvrages que l’on contemple

 

Et puis nous ne connaissions pas assez le labeur de la terre

Alors l’après-midi même nous filions hâtivement sur Mai Chau

Pour y découvrir le travail des ethnies minoritaires

Dans les belles rizières d’un vert comme un joyau

 

Après une nuit de repos dans une maison locale montée sur pilotis

Chez l’habitant les Thaï blancs, et après un fructueux repas local

Nous partîmes découvrir le parc naturel, considéré comme un paradis

Pour les animaux protégés et le monde végétal

 

Nous prîmes un guide pour effectuer un trek sur les hauteurs

Nous marchions tous les quatre, Thang s’était joint à nous

Notre guide nous fit pister bien des espèces protégées des destructeurs

Décidément, cette réserve naturelle était un vrai petit bijou

 

Le lendemain, nous devions partir tôt pour Hanoï et se rendre à la gare

Thang avait réservé deux places pour le train couchette de nuit

Pour circuler, nonchalant, à bord de ce tortillard

Il fallait aller dormir et rêver à de nouvelles péripéties …

 

Saint-Nazaire

09 septembre 2016

Patrick Bazin

 

© 2017 patrick Bazin

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Inde du Sud -Kerala – Mars 2012

Nous étions quatre et sommes partis le jour de la catastrophe de Fukushima, notre but : voyage sac à dos, ne pas dépenser plus de 10 € /jour en moyenne, loger le plus possible chez l’habitant, aucune réservation, nous n’avions que 18 jours, alors nous n’avions pas une minute à perdre …

Notre voyage s’est déroulé en avion, puis bus , jeep dans la réserve du parc Periyar , tuk tuk , à pied , et même un peu …à dos d’éléphant .

Finalement nous avons été plutôt efficace dans cette aventure, notre périple : Saint-Nazaire /Pornic/Paris /New Delhi /Chennai /Mamallapuram/ Pondichéry/Thanjavur/ Madurai/Parc réserve de Periyar /Backwaters du Kerala / Allepey / Cochin puis traversée en avion d’ouest en est pour gagner du temps et rejoindre l’aéroport de Chennai / New Delhi /Paris et rentrer au bercail ….

Impressionnante Inde du sud , avec deux coups de cœur , le plus beau lever de soleil de ma vie , sur le lac Periyar , quarante minutes seul et sans un seul mot à regarder la brume se lever avec les cris des singes , oiseaux et autres animaux , avant l’arrivée du soleil .Et la belle ville de Pondichéry , ex comptoir Français en inde , au bord de la mer du Bengale .

Atmosphere Portuaire

Atmosphère Portuaire

Il est un endroit où le rythme de la vie est continu
Où le spectacle est toujours fort et intense
Vous en serez surpris, pour vous c’est l ‘inconnu
Pour moi y vivre est une récompense

Si vous aimez l’odeur des marées, qu’elle ne vous met pas la nausée
Que la vue de la tôle et de l’acier ne vous lasse pas
Pas plus que les bruits de la ferraille entrechoquée
Alors chaque port du monde tu apprécieras

Regarde cette belle et intense lumière
Admire et laisse ta pensée divaguer
Imagine combien de voyageurs sans bannière
De marins abandonnés, de paumés

Laissent flotter leurs souffles et leurs âmes
Sous ces cieux sombres et obscurs
Que dans ces ports, de véritables drames
Aient pu provoquer de tragiques blessures

L’aventure dit-on, est au bout du chemin
Ou plutôt, elle est toujours au bout du voyage
Sur les mers, chaque passager, chaque clandestin
Chaque vagabond cherche un autre accostage

Le port, c’est la rudesse et c’est l’âpreté
C’est nos mers maintes fois profanées, presque mortes
C’est aussi le symbole d’une vraie fraternité
Toutes ces histoires que les marins colportent

Combien de corsaires et de flibustiers
Y ont déversé des tonnes d’or et de trésors
Et l’image toujours présente de ces boucaniers
Revient à notre esprit, notre imaginaire retors

Il faudrait être inconscient, un peu succinct
Pour quitter trop vite ce monde à part
Oublier que ce qui nous a fait prendre ce chemin
Cette aventure, cette envie de départ

Ce n’est certainement pas le hasard
D’ailleurs le hasard existe t ‘il ?
Qui fait que nos pas nous dirigent, hagards
Vers le premier navire promettant l’aventure et l’exil

Respire toutes ces senteurs, ces épices
Comme ils te donnent l’envie de t’embarquer
Ces odeurs de cacao, de bois, annonciatrices
De pays lointains et d’îles courtisées

Les ports c’est aussi l’odeur de l’esclavage
Ces souvenirs anciens ancrés dans nos mémoires
Sûrement que l’on voudrait oublier cet héritage
La fortune de certains nous rappelle l’histoire

Au départ des ports, des pirates, des vauriens
Tout ce que la terre contenait de fripouilles
S’appropriant leurs âmes, leurs corps et leurs biens
Pour faire en sorte que l’esclave s’agenouille

Les ports ne sont pas édifiés
Pour une telle marchandise
Combien de fois a t ‘il fallut le répéter
Pour qu’enfin on soigne plus qu’on ne brutalise

Comme Marco Polo quittant la belle Venise
Pour découvrir de nouvelles routes, de nouveaux cieux
Comme bien des marins que la mer hypnotise
N’aient pas peur de ton choix audacieux

Laisse-toi porter par les vents aux Antilles
Du port à l’océan, navigue vers l’orient
Mais si jamais le jour où ta raison vacille
Avant que cette tempête ne te rende différent

Rentre au port, rejoints à nouveau ton berceau
Retrouve même l’origine de tes voyages
Imagine-toi à nouveau dans de somptueux vaisseaux
Merveilleux ! tout à coup tu retrouves ton courage …

Saint-Nazaire
7 Août 2016
Patrick Bazin