École Buissonnière

Ecole Buissonnière

 

J’pars à l’école le cartable sur le dos
Motivé comme jamais, mais bon dieu qu’il fait beau !
Et puis cet écureuil, il est tellement agile
Qu’j’arrive pas à l’avoir tellement il se défile

Depuis la rentrée que je chasse cette p’tite bête
Mais j’la vise pas vraiment, car ça n’serait pas chouette
Avec mon lance pierre fabriqué pour pas cher
De le buter, et là j’serais pas fière

Du coup j’ai posé le cartable et je r’garde les cieux
Moi l’école ça me gonfle sérieux
Pis d’abord, je sais ce que j’veut faire
Quand j’srai grand, c’est le métier d’mon père

Alors à quoi bon l’français et les autres matières
Pour finir d’toute façon sur les quais comme docker
J’aime bien la p’tite blonde du premier rang
Avec ces tifs coupés au carré et je cherche un plan

Pour pouvoir la baratiner, lui jouer du violon
Mais j’suis loin d’elle, y m’on mit dans l’fond
Pour moi aller à l’école c’est l’supplice
D’ja traverser le bois c’est tout un exercice

Pis moi j’veut connaitre la nature
C’est plus important qu’leur littérature
J’sais reconnaitre les chants des oiseaux
Et j’n’apprendrais pas ça dans leurs bureaux

Ils ne m’empêcheront pas d’essayer de bécoter
Les filles que j’trouve plutôt bien balancées
Ya qu’au sport qu’enfin je peux prendre l’air
En classe ils m’dises toujours qu’il faut m’taire

Mais ils m’piqueront pas ma liberté
Quand c’est comme ça j’pense qu’à m’arracher
Plus tard j’voyagerais, j’sens que j’aimerais ça
J’aime trop not ‘planète et les gens qui sont la

Quand j’rentre j’n’ai pas de devoirs à faire
Ça tombe bien faut manger, c’est un peu la misère
Pas d’boulot même pour les courageux
Et pourtant ils le sont bigrement mes vieux

Avec frangins et frangines on aide à la maison
Chercher l’herbe au lapin, une vraie expédition
Pour les filles faire la bouffe, pour aider ma mère
Les gars vont à la décharge et là on récupère

Tout s’qui se revend et tout ce qui s’mange
Ça remplit l’frigo, l’portemonnaie et ça change
Avec l’pognon gagné on peut enfin s’saper
Avec des fringues correctes, faut quand même pas flamber

J’men fou, j’suis heureux dans notre bois tranquille
Et j’souhaite à tous les petits mômes de la ville
De kiffer eux aussi pour l’école buissonnière
Pour apprendre la vie d’une bien autre manière

Patrick Bazin
Santa Luzia
24 novembre 2016

 

© 2017 patrick Bazin

Comments (4):

  1. Ledabe44

    7 janvier 2017 at 10:26

    Merci a Anthony Moreau pour la musique  » Bleu Céleste »

    Répondre
  2. Denigot Pascale

    16 janvier 2017 at 8:17

    Magnifique résumé d’une belle enfance. L’école de la vie est bien la meilleure, la plus enrichissante, celle qui nous apporte l’expérience, les connaissances, les aspirations, les plus importantes et essentielles dont nous avons réellement besoin. La nature nous donne toutes les ressources nécessaires, nous sommes liés à elle et aux autres, tous liés ! Prenons soin de notre terre, notre source, prenons soin de nous et des autres, soyons le changement que nous voulons voir en ce monde. Si nous faisions un peu plus attention à l’amour des miracles se produiraient, croire qu’il est plus fort que nos peurs, il n’y a pas une minute à perdre, accordons lui toute notre attention. Merci Pat, tu fais ta part.

    Répondre
    • Ledabe44

      16 janvier 2017 at 8:53

      Merci Pascale , je reste convaincu que vivre prés de la nature ,et même dans la nature , comme cela a été le cas pour moi et notre famille, est très formateur pour notre vie et ce qui en découle , nous avions peu d’argent , mais la nature est d’une bien autre richesse , il faudrait rattacher le lien entre l’humain et la nature avant qu’il ne soit trop tard !

      Répondre
      • Pascale BRETON

        17 juillet 2017 at 5:43

        Je suis tout à fait d’accord ! C’est pour cela que nous étions proches……
        Dommage, la Nature humaine fait beaucoup de mal!

        Répondre

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Inde du Sud -Kerala – Mars 2012

Nous étions quatre et sommes partis le jour de la catastrophe de Fukushima, notre but : voyage sac à dos, ne pas dépenser plus de 10 € /jour en moyenne, loger le plus possible chez l’habitant, aucune réservation, nous n’avions que 18 jours, alors nous n’avions pas une minute à perdre …

Notre voyage s’est déroulé en avion, puis bus , jeep dans la réserve du parc Periyar , tuk tuk , à pied , et même un peu …à dos d’éléphant .

Finalement nous avons été plutôt efficace dans cette aventure, notre périple : Saint-Nazaire /Pornic/Paris /New Delhi /Chennai /Mamallapuram/ Pondichéry/Thanjavur/ Madurai/Parc réserve de Periyar /Backwaters du Kerala / Allepey / Cochin puis traversée en avion d’ouest en est pour gagner du temps et rejoindre l’aéroport de Chennai / New Delhi /Paris et rentrer au bercail ….

Impressionnante Inde du sud , avec deux coups de cœur , le plus beau lever de soleil de ma vie , sur le lac Periyar , quarante minutes seul et sans un seul mot à regarder la brume se lever avec les cris des singes , oiseaux et autres animaux , avant l’arrivée du soleil .Et la belle ville de Pondichéry , ex comptoir Français en inde , au bord de la mer du Bengale .

Atmosphere Portuaire

Atmosphère Portuaire

Il est un endroit où le rythme de la vie est continu
Où le spectacle est toujours fort et intense
Vous en serez surpris, pour vous c’est l ‘inconnu
Pour moi y vivre est une récompense

Si vous aimez l’odeur des marées, qu’elle ne vous met pas la nausée
Que la vue de la tôle et de l’acier ne vous lasse pas
Pas plus que les bruits de la ferraille entrechoquée
Alors chaque port du monde tu apprécieras

Regarde cette belle et intense lumière
Admire et laisse ta pensée divaguer
Imagine combien de voyageurs sans bannière
De marins abandonnés, de paumés

Laissent flotter leurs souffles et leurs âmes
Sous ces cieux sombres et obscurs
Que dans ces ports, de véritables drames
Aient pu provoquer de tragiques blessures

L’aventure dit-on, est au bout du chemin
Ou plutôt, elle est toujours au bout du voyage
Sur les mers, chaque passager, chaque clandestin
Chaque vagabond cherche un autre accostage

Le port, c’est la rudesse et c’est l’âpreté
C’est nos mers maintes fois profanées, presque mortes
C’est aussi le symbole d’une vraie fraternité
Toutes ces histoires que les marins colportent

Combien de corsaires et de flibustiers
Y ont déversé des tonnes d’or et de trésors
Et l’image toujours présente de ces boucaniers
Revient à notre esprit, notre imaginaire retors

Il faudrait être inconscient, un peu succinct
Pour quitter trop vite ce monde à part
Oublier que ce qui nous a fait prendre ce chemin
Cette aventure, cette envie de départ

Ce n’est certainement pas le hasard
D’ailleurs le hasard existe t ‘il ?
Qui fait que nos pas nous dirigent, hagards
Vers le premier navire promettant l’aventure et l’exil

Respire toutes ces senteurs, ces épices
Comme ils te donnent l’envie de t’embarquer
Ces odeurs de cacao, de bois, annonciatrices
De pays lointains et d’îles courtisées

Les ports c’est aussi l’odeur de l’esclavage
Ces souvenirs anciens ancrés dans nos mémoires
Sûrement que l’on voudrait oublier cet héritage
La fortune de certains nous rappelle l’histoire

Au départ des ports, des pirates, des vauriens
Tout ce que la terre contenait de fripouilles
S’appropriant leurs âmes, leurs corps et leurs biens
Pour faire en sorte que l’esclave s’agenouille

Les ports ne sont pas édifiés
Pour une telle marchandise
Combien de fois a t ‘il fallut le répéter
Pour qu’enfin on soigne plus qu’on ne brutalise

Comme Marco Polo quittant la belle Venise
Pour découvrir de nouvelles routes, de nouveaux cieux
Comme bien des marins que la mer hypnotise
N’aient pas peur de ton choix audacieux

Laisse-toi porter par les vents aux Antilles
Du port à l’océan, navigue vers l’orient
Mais si jamais le jour où ta raison vacille
Avant que cette tempête ne te rende différent

Rentre au port, rejoints à nouveau ton berceau
Retrouve même l’origine de tes voyages
Imagine-toi à nouveau dans de somptueux vaisseaux
Merveilleux ! tout à coup tu retrouves ton courage …

Saint-Nazaire
7 Août 2016
Patrick Bazin