Inde du Sud -Kerala – Mars 2012

Nous étions quatre et sommes partis le jour de la catastrophe de Fukushima, notre but : voyage sac à dos, ne pas dépenser plus de 10 € /jour en moyenne, loger le plus possible chez l’habitant, aucune réservation, nous n’avions que 18 jours, alors nous n’avions pas une minute à perdre …

Notre voyage s’est déroulé en avion, puis bus , jeep dans la réserve du parc Periyar , tuk tuk , à pied , et même un peu …à dos d’éléphant .

Finalement nous avons été plutôt efficace dans cette aventure, notre périple : Saint-Nazaire /Pornic/Paris /New Delhi /Chennai /Mamallapuram/ Pondichéry/Thanjavur/ Madurai/Parc réserve de Periyar /Backwaters du Kerala / Allepey / Cochin puis traversée en avion d’ouest en est pour gagner du temps et rejoindre l’aéroport de Chennai / New Delhi /Paris et rentrer au bercail ….

Impressionnante Inde du sud , avec deux coups de cœur , le plus beau lever de soleil de ma vie , sur le lac Periyar , quarante minutes seul et sans un seul mot à regarder la brume se lever avec les cris des singes , oiseaux et autres animaux , avant l’arrivée du soleil .Et la belle ville de Pondichéry , ex comptoir Français en inde , au bord de la mer du Bengale .

Atmosphere Portuaire

Atmosphère Portuaire

Il est un endroit où le rythme de la vie est continu
Où le spectacle est toujours fort et intense
Vous en serez surpris, pour vous c’est l ‘inconnu
Pour moi y vivre est une récompense

Si vous aimez l’odeur des marées, qu’elle ne vous met pas la nausée
Que la vue de la tôle et de l’acier ne vous lasse pas
Pas plus que les bruits de la ferraille entrechoquée
Alors chaque port du monde tu apprécieras

Regarde cette belle et intense lumière
Admire et laisse ta pensée divaguer
Imagine combien de voyageurs sans bannière
De marins abandonnés, de paumés

Laissent flotter leurs souffles et leurs âmes
Sous ces cieux sombres et obscurs
Que dans ces ports, de véritables drames
Aient pu provoquer de tragiques blessures

L’aventure dit-on, est au bout du chemin
Ou plutôt, elle est toujours au bout du voyage
Sur les mers, chaque passager, chaque clandestin
Chaque vagabond cherche un autre accostage

Le port, c’est la rudesse et c’est l’âpreté
C’est nos mers maintes fois profanées, presque mortes
C’est aussi le symbole d’une vraie fraternité
Toutes ces histoires que les marins colportent

Combien de corsaires et de flibustiers
Y ont déversé des tonnes d’or et de trésors
Et l’image toujours présente de ces boucaniers
Revient à notre esprit, notre imaginaire retors

Il faudrait être inconscient, un peu succinct
Pour quitter trop vite ce monde à part
Oublier que ce qui nous a fait prendre ce chemin
Cette aventure, cette envie de départ

Ce n’est certainement pas le hasard
D’ailleurs le hasard existe t ‘il ?
Qui fait que nos pas nous dirigent, hagards
Vers le premier navire promettant l’aventure et l’exil

Respire toutes ces senteurs, ces épices
Comme ils te donnent l’envie de t’embarquer
Ces odeurs de cacao, de bois, annonciatrices
De pays lointains et d’îles courtisées

Les ports c’est aussi l’odeur de l’esclavage
Ces souvenirs anciens ancrés dans nos mémoires
Sûrement que l’on voudrait oublier cet héritage
La fortune de certains nous rappelle l’histoire

Au départ des ports, des pirates, des vauriens
Tout ce que la terre contenait de fripouilles
S’appropriant leurs âmes, leurs corps et leurs biens
Pour faire en sorte que l’esclave s’agenouille

Les ports ne sont pas édifiés
Pour une telle marchandise
Combien de fois a t ‘il fallut le répéter
Pour qu’enfin on soigne plus qu’on ne brutalise

Comme Marco Polo quittant la belle Venise
Pour découvrir de nouvelles routes, de nouveaux cieux
Comme bien des marins que la mer hypnotise
N’aient pas peur de ton choix audacieux

Laisse-toi porter par les vents aux Antilles
Du port à l’océan, navigue vers l’orient
Mais si jamais le jour où ta raison vacille
Avant que cette tempête ne te rende différent

Rentre au port, rejoints à nouveau ton berceau
Retrouve même l’origine de tes voyages
Imagine-toi à nouveau dans de somptueux vaisseaux
Merveilleux ! tout à coup tu retrouves ton courage …

Saint-Nazaire
7 Août 2016
Patrick Bazin

Voyage en Inde du Nord -Rajasthan Octobre 2012

Cette fois nous étions six, et à notre arrivée à New Delhi, nous nous sommes décidés pour prendre une voiture et un guide, un peu sous la pression des agences Travel, la condition étant de faire nous même notre itinéraire, et ce à la vitesse désirée.

Cela nous a permis de sortir un peu des sentiers battus, et de voir en particulier la ville de Bundi « La ville des singes  » ce qui reste comme un grand moment de ce voyage surtout lorsque l’on s’est retrouvé dans leur territoire, le palais de Bundi, tout droit sorti d’un film fantastique !

Notre itinéraire fut donc : New Delhi / Agra / Bundi / Jaipur / Pushkar/ Jodhpur / Jaisalmer et retour à New Delhi

Beaucoup de kilomètres et nous n’avions que 17 jours, mais on a bien su gérer, et nous avons eu bien du mal à nous séparer au retour …

Mes coups de cœur : Agra bien sûr, pour le mythique Taj Mahal, Bundi « La villes des singes  » et Jaisalmer magnifique ville fortifiée a la porte du désert …

Vietnam octobre-novembre 2013

 

Retour au Vietnam , pays cher a mon cœur , ou j’ai rencontré une population sympathique et d’une volonté farouche , en plus de paysages superbes et d’une cuisine extraordinaire …

Notre périple : Paris / Ho Chi Minh / Hué /Hanoï / Baie de Ha long / Ninh Binh / Phu Quoc / Ho Chi Minh

Dame Nature

 

 

CLINS D’ŒIL A DAME NATURE

Éloge à toi, dame nature
A toi, à qui l’on inflige
Tant d’innombrables blessures
Que ça me donne le vertige

Que devient le jardin originel ?
Acceptons-nous ton esclavage ?
Peut-on le croire éternel ?
Allons-nous devenir plus sage ?

Véritable utopie de ce monde
Engoncé dans des habits trop petits
Pouvons-nous penser comme une blonde
Que tout peut nous être permis

Nous lorgnons vers un monde neuf
Mais évitons la fuite en avant
Avant de perdre notre bluff
Il faut respecter nos enfants

Nature, tu as piégé le vagabond
Qui cueillit des fruits défendus
Ce super tramp moribond
A la recherche des pas perdus

Arctique terre encore préservée
Va-t-on enfin te reconnaître
Maillon d’une harmonie amputée
Quel crime allons-nous commettre !!

Et porter comme un symbole
Ce gigantesque ours blanc
Là où le thermomètre s’affole
Pour le pauvre agonisant

Devant tant d’énergies partagées
Les larmes de l’océan
Tout comme des naufragés
Sur une île vierge d’antan

Vont venir violemment se briser
Sur les terres de fortune
Cette fois sans pouvoir accuser
Notre belle amie la lune

Faut-il que l’humain s’affole
Que le monde des vivants
Tous, nous deviendrons bénévoles
Pour éviter le triste moment

Où loin de nous faire grâce
Dame nature, exprimant sa force
Devant nos appétits voraces
Décidera d’avec nous le divorce

La nature dit toujours quelque chose
Sommes-nous donc tous devenus sourds ?
Mais souvent elle nous en impose
Est-ce un héritage trop lourd ?

Qui nous empêche de vivre avec elle
Et nous pousse à consommer
Alors, sommes-nous sans cervelle ?
Pouvons-nous enfin appeler

De nos vœux les magiques instants
Où nous courrions dans les jardins
Est-ce vraiment aberrant
De penser que c’était bien ?

Jamais nous ne devrions
Même une heure, une seconde
Juste entrevoir une démission
Il a besoin de nous le monde

Dame nature, un miracle t’a créée
Comme le dit l’ami Jacquard
Nous ne pouvons qu’être bouche bée
Devant cette œuvre digne des beaux-arts

Mais si nous ne voulons nous égarer
Ne pas perdre le lien qui nous unit
Nous devrons toujours nous rappeler
Que la nature, c’est la vie !
Saint-Nazaire 14 juillet 2012

Patrick Bazin

© 2017 patrick Bazin

Voyage Vietnam triptyque 3

Voyage au bout de la rizière – 3 – SAPA, HUE, NHA TRANG

Il y avait foule à la gare et ce fut difficile de trouver notre place

Nous partions vers Sapa, dans une belle région près de la Chine

Notre cabine était exiguë mais nous n’avions pas l’exigence d’un palace

Elle était bien suffisante pour ce voyage où la nonchalance prédomine

 

Bercés par la lenteur du train, et le balancement des wagons

Notre nuit fut douce, et finalement calme et reposante

A l’arrivée,  un nouveau guide nous attendait, c’était un jeune garçon

Il était charmant et d’une allure plutôt avenante

 

Pour rejoindre Sapa, il fallait désormais prendre le bus

Nous étions à Lao Cai, il restait près d’une heure de route

A travers la montagne, voir la beauté des rizières suspendues

Et ces multiples nuances de vert qui nous envoûtent …

 

Arrivés à l’hôtel, nous primes un thé avec notre guide

Nous voulions bavarder avec lui pour mieux le connaître

Il s’appelait Vinh, s’avérait attachant, et un peu timide

Il était jeune marié et son premier enfant, un garçon, venait de naître

 

Notre première visite dès l’après-midi, fut pour le mont Ham Rong

Et ses magnifiques jardins perchés au-dessus de la ville

Ce n’était pas chose facile, en altitude sur ce chemin assez long

La chaleur était accablante, Vinh nous préconisa de marcher tranquille

 

En parcourant de jolis sentiers et de beaux parterres de fleurs

Mon regard fut attiré, sur la pelouse, par un trèfle à quatre feuilles

J’avoue que j’avais eu un sacré coup de chance de trouver ce porte bonheur

C’était un miracle qu’au milieu de ce tapis vert, il avait pu attirer mon œil

 

J’expliquai  à Vinh ce qu’il représentait dans notre civilisation

Il était, depuis la création, symbole du bonheur et synonyme de chance

Je décidai de le donner à Vinh, pour son tout petit garçon

Il me remercia longuement, ému et surpris par cette bienfaisance

 

Le lendemain,  nous devions partir tôt pour une longue randonnée

Traversant les sentiers pour rejoindre plus haut les Hmong Vietnamiens

Vinh était prévoyant et  nous avait apporté deux ombrelles

Heureusement, car la montée était difficile, même tôt le matin

 

A cette altitude, nous étions comme écrasés par la chaleur

La beauté de ces paysages montagneux et de ces rizières en terrasse

Nous subjuguait, et tout en s’élevant difficilement dans cette terrible moiteur

Nous inspirait une sensation d’aventure dans de grands espaces

 

 

La rencontre de ces différents groupes ethniques très colorés

Fut très intéressante. Les hmong avaient beaucoup souffert

Dans le passé, partout en Asie, ils avaient été pourchassés

L’école était obligatoire ici, même dans ce village un peu désert

 

Nous avons assisté à la classe, les enfants peu nombreux étaient charmants

Leur maîtresse les a appelés un par un, pour nous les présenter

Avec leurs petits uniformes bleus, ils étaient vraiment attachants

Ensuite nous descendîmes plus bas, « chiner » un peu au marché

 

Intéressant aussi, fut de visiter les habitations construites en hauteur

De se faire offrir le thé, servi simplement, dans une famille hospitalière

Notre séjour dans la région de Sapa avait était très initiateur

Mais déjà nous devions reprendre le train vers d’autres frontières

 

Direction à nouveau pour Hanoï, pour y passer une nouvelle nuit urbaine

Avant de partir avec Thang, en voiture, nous avions défini le trajet dès le matin

Nous nous arrêtions souvent pour boire, déguster ananas et bananes naines

Une pause repas était prévue, au col des nuages, pour découvrir le golfe du Tonkin

 

Hue était l’ancienne capitale du Vietnam, et les vestiges à visiter étaient pluriels

Jolie, la ville séparée par la rivière des parfums, nous est apparue

Nous sommes arrivés tard le soir, sous des pluies torrentielles

Le climat était bien différent après tous les kilomètres parcourus

 

Malgré tout, nous avons compris rapidement que cette cité allait nous plaire

Elle dégageait un inégalable romantisme avec cette rivière des parfums

Qui nous donnait l’envie d’embarquer, et de visiter sur ces berges extraordinaires

La cité royale, les mausolées et les pagodes des anciens souverains

 

Le lendemain nous primes donc le bateau réservé pour la journée

C’était une expérience excitante au possible, nous l’attendions avec impatience

Nous avons préféré un sampan, plus typique pour cette odyssée

Passant le pont Eiffel, j aperçu plus loin la cité royale, baignant dans le silence

 

Avec ces multiples portes d’entrée, la cité invite à la visite

Thang nous en explique rapidement l’histoire, elle possède deux parties

D’abord la partie impériale, appelée la cité pourpre interdite

Malheureusement détruite par les américains, juste avant que ceux-ci

 

Ne se retirent, non sans avoir fait le maximum de dégâts

Aussi bien en ce qui concerne les villes et les monuments

Qu’à toute la population du nord Vietnam qui résista

Avec beaucoup d’abnégation, face à cet adversaire arrogant

 

En visitant cette cité impériale, en partie démolie

Thang nous retraçait pour la première fois ce volet historique

Le pays était sorti totalement traumatisé par cette guerre de folie

Mais ils étaient vainqueurs de cette boucherie dramatique

 

 

La deuxième partie de la cité était la cité jaune impériale

Elle était aussi envoutante que la cité pourpre, et même plus fascinante encore

Nous ressentions intérieurement les péripéties qui avaient dû s’y dérouler

Une nuée d’étudiantes parcourait la cité dans de jolies robes longues multicolores

 

Elles étaient jolies dans leurs ‘ ao dai’, et portaient une fleur dans leurs cheveux

Plus loin, des moines bouddhistes tout d’orange vêtus, répétaient leurs livres de sagesse

Ils étaient très studieux, car cela faisait partie de leur enseignement religieux

Ils étaient jeunes, et semblaient s’amuser, tout en révisant leur manuscrit avec paresse

 

C’était réconfortant, toute cette jeunesse autour de nous dans la cité impériale

Cela prouvait que les jeunes vietnamiens restaient respectueux des traditions

Et puis pour beaucoup d’étudiants, cela faisait partie d’un cérémonial

Comme aller toucher la tête d’une tortue,  ici symbole de protection

 

Nous avions prévu la journée complète, pour visiter pagodes et tombeaux

Le plus impressionnant était le tombeau de Tu Duc, l’ancien empereur

Deux rangées de statues, composées de mandarins, d’éléphants et de chevaux

Semblaient garder l’entrée du temple comme des soldats, éternels défenseurs

 

La ville de Hue elle-même était charmante, il faisait bon s’y promener

C’était une jolie ville, surnommée la « ville de la beauté romantique »

Y compris le soir, où la chaleur moins étouffante et les rues animées

Faisaient que l’on aimait flâner dans cette ancienne capitale historique

 

Nous avons continué les visites chaque jour, car il y avait beaucoup à faire

Et nous partions incessamment pour notre ultime partie du voyage

A Nha Trang, en extension, mais qui restait une splendide petite ville balnéaire

Considérée au Vietnam comme un lieu reposant, avec ces magnifiques plages

 

On nous avait prévenu, Nha Trang devenait la proie du tourisme

C’était certainement les derniers bons moments pour profiter de cette ville balnéaire

Des plages de sable fin, belles et ensoleillées, mais promises au gigantisme

Nos derniers jours de vacances seraient paisibles et pour se distraire

 

Plus de guide avec nous, cette fois nous nous sentions en liberté totale

Et je dois reconnaitre que c’était à la fois excitant et très agréable

Cette fois, nous étions bien obligés d’affronter la réalité locale

Mais nous avions déjà une pratique du Vietnam, et nous nous en sentions capables

 

Il fallait terminer en beauté sur ces magnifiques plages notre voyage

En face de Nha Trang sur une des petites îles, un parc d’attraction

Permettait, après une arrivée en téléphérique, pour mieux admirer le paysage

D’oublier la cité balnéaire et de changer d’horizon

 

Nous méritions bien ces quelques moments de relâche

Je me rappelle que sur cette plage, les vendeuses étaient nombreuses

Elles vendaient des bijoux, des ananas, des fruits et autres pistaches

L’une d’elles, jeune, parlant parfaitement le Français, était masseuse

 

Elle nous expliqua que pour exercer son métier, avec les touristes

Il fallait parler au moins deux langues, l’anglais et le français

Et que l’argent gagné grâce à la qualité de ses massages taoïstes

Lui permettait de suivre des études universitaires, et qu’elle se cultivait

 

C’est avec de tels témoignages que nous avons compris

Combien le Vietnam était en train d’évoluer avec le tourisme

Que ce pays maintes fois envahit mais jamais véritablement conquis

Évoluait vers un destin meilleur, avec des habitants empreints d’optimisme

 

Il me revient en tête deux proverbes vietnamiens subtiles

« Cent choses entendues ne valent pas une chose vue »

Et « Le premier pas est le plus difficile »

Ce voyage se terminait dans un Vietnam réservé et imprévu !

 

Santa Luzia

Le 1 er novembre 2016

Patrick Bazin

 

© 2017 patrick Bazin

 

 

 

 

 

 

 

Voyage Vietnam Triptyque 2

Voyage au bout de la rizière -2 -NINH BINH

Après cette fabuleuse première partie de notre odyssée

Notre guide nous proposa la suite du circuit convenu

Sur terre cette fois, et à peine débarqués

Nous filions droit dans la campagne déjà entrevue

 

Thang était né près de Halong terrestre, notre prochaine destination

Il voulait nous faire découvrir le village de sa jeunesse

Mais avant Tam Coc où il avait réservé une petite embarcation

Notre voiture s’était arrêtée dans la jungle enchanteresse

 

Thang nous demanda de le suivre dans un chemin tortueux et obscur

Affirmant qu’à l’arrivée nous aurions une belle sensation

Emprunter ce chemin était déjà une véritable aventure

Manifestement il n’était que rarement pratiqué en excursion

 

Plus haut nous découvrîmes un temple à peine visible

La jungle luxuriante le camouflait profondément

C’était excitant d’imaginer que ce temple presque inaccessible

Assurément n’avait pas été visité depuis longtemps

 

Ce sanctuaire où je posais le pied m’était totalement inconnu

Cependant, j’avais le sentiment étrange d’y avoir demeuré jadis

J’écoutais à peine Thang narrer l’histoire de ce temple survenu

Car j’avais la sensation de la connaître avant qu’il ne surgisse

 

Se dire que dans cet endroit des moines avaient dû se manifester

J’entendais en sourdine dans ma tête leurs prières

Je m’attendais à les voir réapparaître et s’exprimer

D’une façon quelque peu étrange, voire singulière

 

Ils ne vinrent pas et nous répartîmes en direction du village

Thang ne voulut pas nous retarder, et nous l’avons simplement traversé

Tous les villageois semblaient participer aux labourages

Dernière étape avant que les femmes se mettent à repiquer

 

La traversée de Tam Coc fut tout aussi sublime

Que notre navigation récente dans la baie du dragon

C’en était d’ailleurs ici le miroir rarissime

Les mêmes paysages, comme une reproduction

 

L’hôtel était exquis, nous avons invité Thang à notre table

Nous voulions le connaître mieux, en savoir davantage

Son histoire était tellement rude, presque insupportable

Ce repas nous a encore rapproché, et nous avons senti sa rage

 

De n’avoir pas réussi à épauler plus encore ses parents

Il était trop jeune, les moissons souvent insignifiantes

C’était une leçon de vie, il l’avait retenu tout le temps

Abandonnant la campagne, pour la ville attrayante

 

Vers Hanoï où les études étaient réalisables, où la vie semblait facile

Il était devenu professeur, mais espérait à son temps perdu être guide

Parlant parfaitement plusieurs langues, et c’était très utile

Pour préparer intégralement chez lui des circuits qu’il valide

 

En allant sur place, explorer les différents trésors

Pour mieux connaître l’histoire des splendeurs de sa contrée

Tous ces palais, ces temples aux noms évocateurs, que le Vietnam honore

Temple de la littérature, Pagode des parfums, Lac de l’épée restituée

 

Ce soir-là autour de la table, j’en avais appris plus qu’en consultant

Tout ce que j’avais pu lire sur ce pays, son histoire ou ses traditions

Lors de ce repas, nous nous étions sentis complices, et en échangeant

Avec autant de liberté, nous avons éprouvé chacun une grande affection

 

Désormais, Thang n’était plus seulement notre guide, mais notre ami

Nous avions vaincu la petite timidité qui nous séparait depuis notre départ

Cette soirée avait engendré entre nous une véritable alchimie

Demain la visite en barque à travers Tam Coc s’annonçait rare

 

Le lendemain matin très tôt, nous grimpions à bord d’une barque réservée

C ‘était étrange et attrayant, je n’avais jamais rien vu de semblable

Cette façon qu’ont les vietnamiennes de ramer avec leurs pieds

Sans efforts apparents, nous avancions à une allure confortable

 

Notre rameuse s’employait sans compter en chantonnant

Et lors des franchissements des grottes, le son se propageait comme un appel

Nous traversions des paysages splendides, le calme était saisissant

On aurait dit que les dieux avaient tout figé dans ce monde virtuel

 

La balade avait été brumeuse dans une ambiance mystique

Il était prévu le lendemain une randonnée à vélo à travers la campagne

En route donc pour Mai Chau, sillonner des paysages féeriques

Emprunter des chemins presque déserts à travers la montagne

 

S’arrêter chez l’habitant pour y découvrir avec intérêt l’artisanat

Broderies, céramiques et de bien belles fleurs en papier

Puis mettre nos vélos sur un bateau direction le village de Kenh Ga

Ce petit village flottant de pêcheurs, nous partions le visiter

 

 

 

Pour terminer cette journée en vélo par l’ancienne capitale

Nous pédalions vers Hoa-Lu pour y voir pagodes et temples

Cette ancienne ville avait gardé son aspect impérial

Dès la porte passée, de beaux ouvrages que l’on contemple

 

Et puis nous ne connaissions pas assez le labeur de la terre

Alors l’après-midi même nous filions hâtivement sur Mai Chau

Pour y découvrir le travail des ethnies minoritaires

Dans les belles rizières d’un vert comme un joyau

 

Après une nuit de repos dans une maison locale montée sur pilotis

Chez l’habitant les Thaï blancs, et après un fructueux repas local

Nous partîmes découvrir le parc naturel, considéré comme un paradis

Pour les animaux protégés et le monde végétal

 

Nous prîmes un guide pour effectuer un trek sur les hauteurs

Nous marchions tous les quatre, Thang s’était joint à nous

Notre guide nous fit pister bien des espèces protégées des destructeurs

Décidément, cette réserve naturelle était un vrai petit bijou

 

Le lendemain, nous devions partir tôt pour Hanoï et se rendre à la gare

Thang avait réservé deux places pour le train couchette de nuit

Pour circuler, nonchalant, à bord de ce tortillard

Il fallait aller dormir et rêver à de nouvelles péripéties …

 

Saint-Nazaire

09 septembre 2016

Patrick Bazin

 

© 2017 patrick Bazin

Voyage Vietnam Triptyque 1

Voyage au bout de la rizière -Hanoï 1

Une femme souple et longiligne marche au bord de la route

Au loin dans la rizière, un buffle s’essouffle au travail

Un enfant, jambes nues, guide le buffle et s’arc-boute

Il pèse de tout son poids sur la charrue malgré sa petite taille

 

Il doit avoir dix ans au plus, il est couvert de boue

Son visage ombré est recouvert d’un chapeau conique

Pour diriger le buffle, il crie ses ordres et se sert d’un bambou

Et de loin, cette scène me semble somptueuse, même magique

 

Depuis ma première visite de ce pays, je m’y suis attaché

Ce peuple fier, généreux et charmant, m’est indispensable

Depuis longtemps dans mes voyages, j’avais recherché

Toujours plus loin, la rencontre d’un pays indomptable

 

Ce premier voyage au Vietnam, je l’appréhendais un peu

C’était ma première fois, sac à dos, y compris en Asie

Je me sentais à l’aise mais j’appelais de mes vœux

Que le lointain passé guerrier de nos deux pays

 

Ne nous rebute pas, et nous rende plus méfiants

De ses habitants, dont je n’avais qu’une pale image

Que malgré nos cultures et nos tempéraments différents

Cela ne provoque pas un quelconque blocage

 

A Hanoï, je décidais de prendre un guide. Il s’appelait Thang

Thang m’a rapidement rassuré, nous sommes partis en confiance

Il avait connu la misère et la faim, et sa mère à bord de son sampang

Faisait, pour faire vivre sa famille, comme des transhumances

 

Naviguant du golfe du Tonkin jusqu’à remonter le Yuan Jiang

Avec ses marchandises à vendre, arrachées à la sueur de son front

Partant seule avec son chargement, terminant souvent les mains en sang

Sous le soleil brûlant, elle s’était éreintée jusqu’ à en perdre la raison

 

Thang avait connu dès sa plus jeune enfance

La rudesse de « marcher derrière le buffle  » pendant des heures

Il s’était promis que ses enfants ne subiraient pas cette même désespérance

S’était fixé comme but d’étudier en grandes écoles, comme ses frères et sœurs

 

 

Il avait appris les langues et les mathématiques

Voulait devenir guide, faire découvrir le Vietnam

Multiplier les rencontres dans ce pays magique

Toutes ces belles choses, cette évasion que le poète déclame

 

Les paysages d’une beauté à couper le souffle

Cette cuisine à nulle autre pareille, si délicieuse

Les sourires, la patience de ce peuple que rien n’essouffle

Ces villages, cette nature, ces temples aux histoires mystérieuses

 

A mon hôtel, avec mon amie, nous avons mis au point ensemble

Un périple de trois semaines divisé comme un triptyque

Une randonnée, un itinéraire qui nous ressemble

Voir, écouter, sentir et pénétrer ce Vietnam énigmatique

 

Hanoï pour commencer : sa vie frénétique, ses monuments, ses temples

Aller à la rencontre de cette ville hors des sentiers battus

Ensuite, traverser les plaines, les rizières, les villages que l’on contemple

Avec admiration et étonnement, discuter avec ses habitants accourus

 

Pour enfin accéder à notre attente : la baie de Ha Long, comme un mirage

Au moment de notre arrivée, nous avons senti une vraie effervescence

Thang avait su réserver, rien que pour nous, une jonque et tout son équipage

Et devant le fourmillement de tous ces voyageurs, cette affluence,

 

Nous avons quitté rapidement notre voiture et notre chauffeur

Thang est parti chercher les billets précédemment réservés

L’enchantement était de regarder ces jonques riches en couleurs

Le grand départ approchait, nous étions prêts pour appareiller

 

C’était comme dans une bande dessinée de Tintin

Mon regard cherchait le capitaine Haddock sur le pont

Il ne rencontra que ceux de multiples marins

Commençant à hisser les voiles en toute décontraction

 

Louvoyant à travers les autres jonques, toutes ravissantes

Nous foncions droit vers ce continent irréel, comme une autre planète

Cette baie ponctuée de maints pitons rocheux et d’îles éclatantes

Abandonnant ce monde, partant à la sauvette

 

Nous étions ébahis devant tant de beauté, ces paysages somptueux

A chaque instant, à chaque nouveau piton rocheux découvert,

Je me disais que nous avions changé d’univers ou de dieux

Que seule la main d’un grand créateur, d’un véritable expert

 

Pouvait avoir créé un décor d’une telle splendeur

C’était la première fois qu’il s’avérait que je quittais la terre

Et mon être tout entier réclamait cette primeur

D’avoir le sentiment d’être sur un navire de verre

 

Tellement limpide qu’il était devenu invisible

Et sur cette superbe jonque, plus rien d’autre n’existait

Que nous étions seuls au monde, indestructibles

Que même le plus rapide des navires se briserait

 

A essayer de capturer notre navire des dieux

Dans ce décor à la fois irréel, colossal

Que nous bénéficions d’un rempart prodigieux

Invisible lui aussi et d’un effet total

 

Dans ces batailles navales que je sentais revivre en moi

Comme si je revenais d’une autre époque, d’un autre âge

Où j’étais le capitaine de cette flotte hors la loi

Repoussant avec fougue les ennemis descendus de Carthage

 

Dois-je avouer que ces deux jours, et que cette chaude nuit

Furent dans ma vie des moments les plus incroyables

Que mon imaginaire inspiré et mystique, enfin se permit

De laisser libre court cette fois à un rêve délectable

 

Fin de la 1ere partie ‘ Triptyque Vietnam’

Santa Luzia

27 août 2016

Patrick Bazin

 

© 2017 patrick Bazin

 

 

 

École Buissonnière

Ecole Buissonnière

 

J’pars à l’école le cartable sur le dos
Motivé comme jamais, mais bon dieu qu’il fait beau !
Et puis cet écureuil, il est tellement agile
Qu’j’arrive pas à l’avoir tellement il se défile

Depuis la rentrée que je chasse cette p’tite bête
Mais j’la vise pas vraiment, car ça n’serait pas chouette
Avec mon lance pierre fabriqué pour pas cher
De le buter, et là j’serais pas fière

Du coup j’ai posé le cartable et je r’garde les cieux
Moi l’école ça me gonfle sérieux
Pis d’abord, je sais ce que j’veut faire
Quand j’srai grand, c’est le métier d’mon père

Alors à quoi bon l’français et les autres matières
Pour finir d’toute façon sur les quais comme docker
J’aime bien la p’tite blonde du premier rang
Avec ces tifs coupés au carré et je cherche un plan

Pour pouvoir la baratiner, lui jouer du violon
Mais j’suis loin d’elle, y m’on mit dans l’fond
Pour moi aller à l’école c’est l’supplice
D’ja traverser le bois c’est tout un exercice

Pis moi j’veut connaitre la nature
C’est plus important qu’leur littérature
J’sais reconnaitre les chants des oiseaux
Et j’n’apprendrais pas ça dans leurs bureaux

Ils ne m’empêcheront pas d’essayer de bécoter
Les filles que j’trouve plutôt bien balancées
Ya qu’au sport qu’enfin je peux prendre l’air
En classe ils m’dises toujours qu’il faut m’taire

Mais ils m’piqueront pas ma liberté
Quand c’est comme ça j’pense qu’à m’arracher
Plus tard j’voyagerais, j’sens que j’aimerais ça
J’aime trop not ‘planète et les gens qui sont la

Quand j’rentre j’n’ai pas de devoirs à faire
Ça tombe bien faut manger, c’est un peu la misère
Pas d’boulot même pour les courageux
Et pourtant ils le sont bigrement mes vieux

Avec frangins et frangines on aide à la maison
Chercher l’herbe au lapin, une vraie expédition
Pour les filles faire la bouffe, pour aider ma mère
Les gars vont à la décharge et là on récupère

Tout s’qui se revend et tout ce qui s’mange
Ça remplit l’frigo, l’portemonnaie et ça change
Avec l’pognon gagné on peut enfin s’saper
Avec des fringues correctes, faut quand même pas flamber

J’men fou, j’suis heureux dans notre bois tranquille
Et j’souhaite à tous les petits mômes de la ville
De kiffer eux aussi pour l’école buissonnière
Pour apprendre la vie d’une bien autre manière

Patrick Bazin
Santa Luzia
24 novembre 2016

 

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